Les banques publiques turques dépensent 71 millions de dollars en publicité, au profit des médias pro-gouvernementaux
Les points importants
- Hausse de 43 % : VakıfBank et Halkbank ont dépensé 3,38 milliards de TL en publicité au premier semestre 2026, VakıfBank ayant presque doublé son budget.
- Inégalité de traitement : les médias pro-gouvernementaux captent l’essentiel des annonces des banques publiques, tandis que les journaux d’opposition en sont privés.
- Outil de pression : la publicité publique récompense les médias favorables au pouvoir, comme l’illustre le cas du groupe Turkuvaz, lié à l’entourage d’Erdoğan.
Deux banques publiques turques ont dépensé ensemble 3,38 milliards de TL (70,8 millions de dollars) en publicité et annonces au premier semestre 2026, soit une hausse de 43 % en un an, alors que les critiques restent vives sur la répartition des budgets publicitaires publics, qui profiterait de manière disproportionnée aux médias pro-gouvernementaux, rapporte le quotidien Birgün lundi.
Selon les rapports financiers des banques cités par Birgün, les dépenses combinées de VakıfBank et de Halkbank en publicité et annonces sont passées de 2,38 milliards de TL (49,9 millions de dollars) sur la période janvier-juin 2025 à 3,38 milliards de TL sur la même période cette année.
Halkbank a enregistré 1,55 milliard de TL (32,5 millions de dollars) de dépenses publicitaires et d’annonces au premier semestre 2026.
VakıfBank a dépensé 1,83 milliard de TL (38,3 millions de dollars) sur la même période, soit près du double des 921 millions de TL (19,3 millions de dollars) engagés au premier semestre 2025, une hausse de 99 %, selon Birgün.
Cette forte hausse intervient dans un contexte de critiques persistantes sur la répartition de la publicité par les institutions publiques et les entreprises d’État turques, en particulier les allégations selon lesquelles les médias pro-gouvernementaux reçoivent une part disproportionnée tandis que les médias critiques sont privés d’une importante source de revenus.
Le gouvernement est accusé depuis des années d’utiliser la publicité publique comme un outil financier pour récompenser les médias qui le soutiennent et exercer une pression économique sur les médias indépendants et d’opposition.
Des données rapportées par le site d’information Gazete Duvar en 2021 avaient mis en évidence une disparité flagrante dans la répartition de la publicité des banques publiques entre les journaux turcs l’année précédente.
Selon ce rapport, les journaux pro-gouvernementaux comme Türkgün, Sabah, Akşam et Takvim ont reçu d’importants volumes de publicité des banques publiques en 2020, tandis que de nombreux journaux d’opposition, dont Birgün, Evrensel, Karar, Cumhuriyet, Sözcü et Yeniçağ, n’en ont reçu aucun.
Trois journaux appartenant au groupe Turkuvaz Media — Sabah, Takvim et Yeni Asır — ont reçu cette année-là environ 80 000 centimètres carrés d’espaces publicitaires des banques publiques, contre 16 200 centimètres carrés achetés dans les mêmes journaux par des banques privées.
Serhat Albayrak est vice-président du groupe Turkuvaz Media. Il est le frère de l’ancien ministre des Finances Berat Albayrak, gendre du président Recep Tayyip Erdoğan.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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