Le taux de syndicalisation en Turquie tombe sous la barre des 14 % malgré une hausse du nombre d’adhérents
Les points importants
- Baisse du taux : passant de 14,45 % à 13,79 %, malgré une hausse du nombre d’adhérents.
- Seuil de représentativité : seuls 60 des 246 syndicats atteignent le seuil de 1 % nécessaire pour négocier une convention collective.
- Obstacles persistants : le travail précaire, les licenciements antisyndicaux et les restrictions légales découragent l’organisation, dénoncent les syndicats et l’OIT.
Le taux de syndicalisation en Turquie est tombé sous les 14 % en juillet, la croissance de la population active déclarée dépassant largement l’augmentation des adhésions syndicales, selon des chiffres officiels publiés mardi.
Le nombre de travailleurs couverts par les statistiques a augmenté de 5,58 % depuis janvier, pour atteindre 17 630 475, tandis que le nombre d’adhérents syndicaux n’a augmenté que de 0,79 %, passant à 2 432 789, a indiqué le ministère du Travail et de la Sécurité sociale.
En conséquence, le taux de syndicalisation est passé de 14,45 % en janvier à 13,79 % en juillet, laissant près de 15,2 millions de travailleurs déclarés sans affiliation syndicale.
Les chiffres ne couvrent pas l’ensemble de la population active turque. Les fonctionnaires sont inclus dans des statistiques syndicales distinctes, tandis que les travailleurs informels ne sont pas comptabilisés.
Les données, publiées au Journal officiel, servent à déterminer si les syndicats remplissent les conditions d’effectif sectoriel nécessaires pour obtenir l’autorisation de négociation collective.
En vertu de la loi turque n° 6356 sur les syndicats et les conventions collectives, un syndicat doit représenter au moins 1 % des travailleurs de son secteur, en plus de remplir les conditions d’effectif au niveau de l’entreprise ou du lieu de travail, pour obtenir l’autorisation de négocier une convention collective.
Seuls 60 des 246 syndicats actifs ont dépassé le seuil des 1 % en juillet, tandis que 186 sont restés en dessous, selon le ministère.
La catégorie « commerce, bureau, éducation et beaux-arts » — l’un des vingt groupes industriels définis officiellement par le droit du travail turc — était la plus importante, avec 4 508 122 travailleurs déclarés. Elle était suivie par la métallurgie avec 1 962 044 travailleurs et la construction avec 1 930 577.
Hizmet-İş, un syndicat représentant principalement les employés municipaux et autres services généraux, était le plus grand syndicat de Turquie avec 286 094 adhérents. Il était suivi par Türk Metal avec 264 726 adhérents et le syndicat de la santé Öz Sağlık-İş avec 217 776.
Le ministère publie ces statistiques deux fois par an. Ses chiffres de janvier faisaient état de 16 699 084 travailleurs et de 2 413 790 adhérents syndicaux, soit un taux de syndicalisation de 14,45 %.
Les organisations syndicales dénoncent depuis longtemps le recours à la sous-traitance, au travail temporaire, aux licenciements antisyndicaux et aux obstacles juridiques à la négociation collective qui découragent les travailleurs de se syndiquer. L’Organisation internationale du Travail a également exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant les restrictions à la liberté syndicale et à la négociation collective en Turquie.




