Le président syrien nomme l’ex-commandant des FDS Mazloum Abdi comme conseiller
Les points importants
- Nomination stratégique : Mazloum Abdi, ex-chef des FDS, devient conseiller du président syrien Ahmad al-Sharaa.
- Intégration achevée : La dissolution des FDS et leur fusion dans l’armée syrienne renforcent le contrôle de Damas sur le nord-est.
- Droits kurdes : L’enseignement du kurde est autorisé, et des garanties constitutionnelles restent réclamées.
Le président syrien Ahmad al-Sharaa a nommé Mazloum Abdi, l’ancien commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, comme conseiller à la présidence, quelques jours après l’annonce par Abdi de la dissolution du groupe suite à son intégration dans l’armée syrienne.
« Mustafa Khalil Abdi est nommé conseiller à la présidence de la république », précise le décret n° 164 de 2026, émis par Sharaa et publié par l’agence de presse officielle syrienne SANA.
Abdi, également connu sous le nom de Mazloum Kobani, a dirigé les FDS pendant des années, cette force soutenue par les États-Unis étant devenue le principal partenaire local de Washington dans la lutte contre le groupe État islamique.
Il a annoncé mardi que les FDS s’étaient dissoutes en tant qu’organisation militaire indépendante après l’intégration de leurs forces dans les brigades de l’armée syrienne.
Cette décision fait suite à un accord conclu avec Sharaa en janvier pour intégrer les forces militaires des FDS et l’administration civile dirigée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie au sein des institutions de l’État.
L’accord a renforcé le contrôle de Damas sur le nord-est de la Syrie et mis fin aux structures militaires et administratives séparées qui sous-tendaient l’autonomie kurde dans cette région.
L’envoyé spécial américain en Syrie, Tom Barrack, a salué l’accord mardi, y voyant « ce à quoi ressemble une véritable intégration » et louant l’inclusion d’anciens dirigeants kurdes dans les institutions de l’État.
Abdi a déclaré que la dissolution faisait suite à « l’achèvement du processus d’intégration de nos forces dans les brigades de l’armée syrienne ».
Les FDS ont été formées en 2015 avec le soutien des États-Unis et ont joué un rôle central dans la campagne contre le groupe État islamique, notamment lors de la bataille de Kobane.
Elles sont ensuite devenues la principale force militaire de l’administration dirigée par les Kurdes qui contrôlait de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie pendant la guerre civile.
Le processus d’intégration s’est accéléré après des affrontements en janvier au cours desquels les forces dirigées par les Kurdes ont perdu un territoire significatif face aux troupes gouvernementales, tandis que Washington se rapprochait de la nouvelle direction à Damas.
Cours de kurde approuvés
Cette nomination intervient alors que le ministère syrien de l’Éducation a autorisé l’enseignement de la langue kurde dans les écoles publiques et privées des zones à forte population kurde.
Le kurde sera proposé comme matière facultative à raison de deux heures par semaine à tous les niveaux scolaires à partir de l’année académique 2026-2027.
Cette décision met en œuvre un décret de janvier de Sharaa reconnaissant le kurde comme langue nationale et permettant son enseignement dans les écoles.
Le décret décrit également les Kurdes de Syrie comme une partie intégrante du peuple syrien, annule les mesures issues du recensement de 1962 dans la province de Hassaké qui avaient privé de nombreux Kurdes de leur citoyenneté et déclare le Nowruz fête nationale.
Abdi a déclaré la semaine dernière que bien que l’intégration de l’administration kurde dans l’État syrien soit achevée, les efforts pour obtenir des garanties constitutionnelles pour les droits des Kurdes se poursuivraient.
Les Kurdes sont estimés à environ 2 millions en Syrie et sont concentrés principalement dans le nord-est, avec d’importantes communautés également à Alep et à Damas.
© Agence France-Presse




