Le leader kurde syrien affirme qu’une rencontre avec Öcalan « serait bénéfique »
Les points importants
- Rencontre avec Öcalan : Abdi se montre favorable mais reste évasif sur une éventuelle visite en Turquie.
- Dissolution des FDS : intégration dans l’armée syrienne et nomination d’Abdi comme conseiller du président.
- Appel d’Öcalan : le PKK se dissout, mais la nouvelle loi turque ne prévoit pas sa libération.
Mazlum Abdi, l’ancien commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes et désormais conseiller du président syrien Ahmed al-Sharaa, a déclaré dans un entretien diffusé vendredi qu’une rencontre avec le fondateur emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, « serait bénéfique », mais n’a pas donné de réponse claire lorsqu’on lui a demandé s’il prévoyait de se rendre en Turquie.
Abdi s’exprimait lors de sa première interview accordée à une chaîne de télévision diffusée à l’échelle nationale en Turquie.
Il a estimé que le processus de paix impliquant Ankara et Öcalan pourrait contribuer à améliorer les relations de la Turquie avec les Kurdes de Syrie, et s’est dit ouvert au développement de liens avec la Turquie.
En novembre 2025, Abdi avait déclaré qu’il pourrait se rendre en Turquie si cela pouvait aider à trouver une solution, et qu’il souhaitait des discussions directes avec Öcalan.
Les FDS, qui ont combattu l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) avec le soutien des États-Unis, ont annoncé le 25 août leur dissolution en tant que force indépendante, après que leurs combattants ont rejoint l’armée syrienne.
Al-Sharaa a nommé Abdi conseiller de la présidence trois jours plus tard.
La Turquie a salué la dissolution des FDS comme un pas vers l’unité syrienne, après avoir exigé pendant des années la fin de la structure armée du groupe.
Ankara affirme que les Unités de protection du peuple (YPG), principale force au sein des FDS, sont liées au PKK, que la Turquie et ses alliés occidentaux désignent comme une organisation terroriste.
Abdi a décrit l’intégration des FDS dans l’armée syrienne comme « une fin, mais aussi un commencement ».
Il a déclaré que les Kurdes de Syrie ne cherchaient pas à créer un État séparé et souhaitaient devenir l’un des groupes fondateurs d’une nouvelle Syrie, tout en garantissant leurs droits dans la constitution.
Abdi a indiqué que le gouvernement syrien avait reconnu l’identité kurde et autorisé pour la première fois l’enseignement de la langue kurde, mais a ajouté que ces mesures ne répondaient pas à toutes les revendications kurdes.
Il a également estimé que des représentants kurdes devraient siéger au sein d’un comité de rédaction constitutionnelle qui, selon lui, devrait être formé dans les deux à trois prochains mois.
Öcalan, 77 ans, est emprisonné sur l’île d’İmralı depuis 1999 et purge une peine de réclusion à perpétuité aggravée.
Son appel de février 2025 invitant le PKK à mettre fin à sa campagne armée et à se dissoudre a conduit le groupe à annoncer sa dissolution en mai 2025.
Le Parlement turc a adopté le 10 août la loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale, mais cette législation ne prévoit pas la libération d’Öcalan.




