L’ancien ministre turc de la Défense annonce un règlement proche du différend sur les S-400 et espère un retour au programme F-35
Les points importants
- Règlement en vue : L’ancien ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, affirme que le contentieux autour des S-400 touche à sa fin, ouvrant la voie au retour de la Turquie dans le programme F-35.
- Démenti sur un transfert : Akar a catégoriquement démenti les informations selon lesquelles les systèmes S-400 seraient cédés aux Émirats arabes unis pour lever l’opposition américaine.
- Conséquences des sanctions : Les États-Unis ont exclu la Turquie du programme F-35 en 2019 et imposé des sanctions en 2020, mais Ankara insiste pour retrouver son statut de partenaire industriel.
L’ancien ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré que le différend avec Washington au sujet du système de défense aérienne S-400 d’origine russe, acquis par Ankara, était sur le point d’être résolu et que la levée de ce litige permettrait à la Turquie de réintégrer le programme d’avions de combat F-35.
M. Akar, qui préside la commission de la Défense nationale du Parlement turc, s’est exprimé après des réunions avec des parlementaires américains à Washington. Il n’a pas divulgué les termes d’un éventuel accord ni donné de calendrier.
Selon l’agence de presse Anadolu, la délégation turque a rencontré les présidents et des membres des commissions de la Chambre des représentants sur les services armés, le renseignement et les affaires étrangères, ainsi que le chef de la délégation américaine à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.
M. Akar a indiqué que le représentant américain Mike Turner avait qualifié les discussions sur un éventuel retour de la Turquie dans le programme F-35 de « très prometteuses », à la suite de contacts lors du sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet à Ankara.
Interrogé sur les informations selon lesquelles la Turquie pourrait transférer les systèmes S-400 aux Émirats arabes unis pour répondre aux objections américaines, M. Akar a rejeté cette version. « Nous n’avons pas dit, et nous ne disons pas, que les S-400 vont aux Émirats arabes unis », a-t-il affirmé.
M. Akar a précisé que les responsables turcs avaient informé leurs homologues américains qu’un accord avait été trouvé pour mettre le dossier sur la voie d’une résolution. Il a ajouté que les responsables américains avaient reçu, par leurs propres canaux, des informations confirmant les attentes de progrès.
« La question des S-400 sera résolue d’une manière ou d’une autre », a déclaré M. Akar. Il a fait valoir que, ce système étant la raison officiellement invoquée pour l’exclusion de la Turquie du projet F-35, la résolution du différend devrait permettre la reprise de sa participation.
Les États-Unis ont exclu la Turquie du programme multinational F-35 en 2019, après qu’Ankara a pris livraison du système S-400 auprès de la Russie. Washington maintient que l’exploitation du système russe au sein d’une armée de l’OTAN pourrait exposer des informations sur les capacités du F-35 et compromettre la technologie de l’Alliance. La Turquie conteste cette évaluation et a proposé la création d’une commission technique.
Les États-Unis ont imposé des sanctions en 2020 à la Présidence turque de l’industrie de défense (SSB) en vertu de la loi « Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act » (CAATSA). Ces mesures comprenaient des restrictions sur les licences d’exportation américaines et le financement de cette agence.
Avant son exclusion, la Turquie était un partenaire industriel du projet F-35, des entreprises turques produisant des composants pour l’appareil. Ankara a fait valoir qu’elle devrait être rétablie en tant que partenaire, et non pas seulement traitée comme un acheteur potentiel.
Le ministère turc de la Défense a déclaré jeudi que les travaux concernant les systèmes S-400 se poursuivaient « sous de multiples aspects » et que le public serait informé en cas de développements concrets.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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