Un acteur vedette turc devenu maire arrêté dans une nouvelle opération contre l’opposition
Les points importants
- Nouvelle arrestation : Erdal Beşikçioğlu, maire d'Etimesgut et acteur célèbre, a été arrêté dans une enquête pour corruption.
- Parallèles avec İmamoğlu : Les accusations sont similaires à celles visant le maire d'Istanbul, emprisonné depuis mars 2025.
- Dénonciation politique : L'opposition y voit une campagne de répression du gouvernement Erdogan après les victoires électorales du CHP.
Jeudi, la police turque a arrêté un acteur de télévision primé, devenu maire d’opposition dans un district d’Ankara, dans le cadre d’une enquête pour corruption.
Erdal Beşikçioğlu, surtout connu pour son rôle de détective des homicides, est le dernier membre du Parti républicain du peuple (CHP) à faire l’objet de poursuites pénales dans ce que l’opposition qualifie de campagne politiquement motivée.
Agé de 56 ans, Beşikçioğlu a été élu maire d’Etimesgut, un district d’environ 600 000 habitants dans l’ouest d’Ankara, en 2024.
Il a acquis une renommée nationale en incarnant un détective luttant contre la corruption et les ingérences politiques dans la série télévisée acclamée « Behzat Ç ».
Le parquet d’Ankara Ouest a émis des mandats d’arrêt contre 55 suspects, dont Beşikçioğlu, lors de raids simultanés centrés sur Ankara et menés dans neuf provinces.
Selon les médias, la police avait arrêté 52 des suspects jeudi matin.
Les suspects comprennent 42 responsables municipaux, dont trois maires adjoints, et 13 représentants d’entreprises ayant travaillé avec la municipalité.
Ils sont accusés de création, de gestion ou d’appartenance à une organisation criminelle, de détournement de fonds, de corruption, d’extorsion, de truquage d’appels d’offres et d’abus de fonction publique.
Les procureurs enquêtent sur des irrégularités présumées et des documents falsifiés dans les appels d’offres municipaux, ainsi que sur l’octroi présumé d’avantages indus via des baux de parkings et des permis de zonage et de construction.
La police a perquisitionné 56 domiciles et 15 lieux de travail, et a procédé à des saisies impliquant 41 véhicules.
Les accusations sont similaires à celles portées contre le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, emprisonné depuis mars 2025, et des dizaines d’autres maires et responsables du CHP ciblés par des enquêtes pour corruption.
İmamoğlu, largement considéré comme le plus fort rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, et le CHP affirment que les enquêtes font partie d’une campagne gouvernementale visant à affaiblir l’opposition et à inverser ses gains aux élections locales de 2024.
Le gouvernement rejette les accusations d’ingérence politique et affirme que les tribunaux turcs fonctionnent de manière indépendante.
Mercredi, la police a également arrêté Sinem Dedetaş, la maire CHP du district d’Üsküdar à Istanbul, et cinq autres personnes pour des soupçons de corruption, d’extorsion et d’irrégularités dans les procédures de permis de construire et d’occupation.
Dedetaş était toujours en garde à vue jeudi.
Les enquêtes ont ciblé des dizaines de municipalités dirigées par le CHP depuis que le parti a battu le Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdoğan lors du vote populaire national aux élections locales de mars 2024.
Özgür Özel, qui a été destitué de la présidence du CHP par un tribunal en mai, a démissionné du parti la semaine dernière et a fondé le Nouveau Parti avec 90 autres députés.
Ces défections ont donné au Nouveau Parti 91 sièges au parlement, ce qui en fait le plus grand groupe d’opposition, tandis que la représentation du CHP est réduite à 44 députés.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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