La Turquie transforme les terminaux de l’ancien aéroport Atatürk en un gigantesque pôle de start-ups : rapport
Les points importants
- Un projet ambitieux : La Turquie transforme les terminaux de l’aéroport Atatürk en un campus de 200 000 m² dédié aux start-ups, incubateurs et investisseurs.
- Partenariats internationaux : Des accords ont été signés avec Techstars Istanbul, le fonds chinois Capital Investment et l’accélérateur Flat6Labs pour attirer des entreprises du monde entier.
- Obstacles persistants : Malgré des incitations fiscales, des investisseurs expriment des réserves face à l’instabilité réglementaire, l’inflation élevée et les préoccupations sur l’état de droit en Turquie.
La Turquie convertit les anciens terminaux passagers de l’aéroport Atatürk d’Istanbul en un vaste campus pour start-ups, que les autorités présentent comme le futur plus grand centre d’entrepreneuriat au monde, rapporte Middle East Eye (MEE).
Le projet est développé sur le site désormais fermé de l’aéroport Atatürk, qui fut la principale porte d’entrée internationale d’Istanbul jusqu’au transfert des opérations commerciales vers le nouvel aéroport d’Istanbul en avril 2019, dans le cadre du plan gouvernemental visant à créer un nouveau hub aérien mondial.
Baptisé Terminal İstanbul, le projet transformera environ 200 000 mètres carrés d’espaces terminaux en bureaux, centres d’incubation, espaces de coworking et salles de réunion destinés aux start-ups, investisseurs et programmes d’accélération.
MEE, qui a obtenu un accès exclusif au site, indique que la première phase doit ouvrir en août. Elle offrira initialement 5 000 mètres carrés d’espace pour 50 start-ups et autres initiatives, les autorités espérant atteindre 100 d’ici la fin de l’année.
Erkam Tüzgen, directeur général de Bilişim Vadisi, qui pilote l’initiative, a déclaré à MEE que le projet vise à réunir entrepreneurs, investisseurs et programmes d’accélération internationaux au sein d’un écosystème conçu pour aider les start-ups turques à obtenir des financements et à se développer sur les marchés mondiaux.
Terminal İstanbul a signé un accord de partenariat stratégique de deux ans avec Techstars İstanbul en décembre 2025. Selon cet accord, Techstars İstanbul ouvrira un bureau dans le complexe et y mènera des programmes d’accélération, des initiatives de mentorat, des événements Startup Weekend et des programmes d’accès aux investisseurs.
Capital Investment, une société d’investissement publique de Shanghai gérant environ 47 milliards de dollars d’actifs, a également accepté d’ouvrir un bureau sur le site, lui permettant de travailler directement avec les start-ups technologiques cherchant des investissements.
Flat6Labs, un important accélérateur de start-ups opérant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, a signé un accord en juin pour rejoindre le projet. Les fonds de capital-risque Disrupt et Enhance Ventures, l’ouzbek UzVC et l’Autorité générale des petites et moyennes entreprises d’Arabie saoudite, connue sous le nom de Monsha’at, sont également en pourparlers pour s’y implanter.
La fermeture de l’aéroport Atatürk et la démolition de sections de ses pistes pour faire place à un parc public et à un hôpital pandémique ont suscité des critiques de la part des partis d’opposition, des urbanistes et des organisations professionnelles. Les critiques ont fait valoir que des infrastructures aéronautiques stratégiquement importantes auraient dû être préservées.
Bien que les services passagers réguliers aient cessé en 2019, l’aéroport Atatürk reste ouvert pour des opérations limitées, notamment l’aviation générale et la maintenance des aéronefs.
MEE rapporte que Terminal İstanbul a attiré relativement peu des critiques suscitées par la fermeture de l’aéroport et la démolition des pistes, en partie parce que les bâtiments des terminaux abandonnés étaient restés sans vocation claire pendant des années.
Le gouvernement présente le projet comme faisant partie d’un effort plus large pour attirer les entrepreneurs et les investissements étrangers, y compris les entreprises qui pourraient autrement choisir des centres commerciaux du Golfe comme Dubaï.
En juin, Ankara a introduit un régime fiscal offrant des exonérations allant jusqu’à 20 ans à certains investisseurs étrangers qui deviennent résidents de Turquie, ainsi que des allègements fiscaux supplémentaires pour les start-ups technologiques.
Tüzgen a déclaré que le parlement devrait adopter une législation permettant aux entreprises de se constituer par voie numérique. Terminal İstanbul prévoit également d’offrir un guichet unique pour les procédures d’immigration, de fiscalité et de sécurité sociale destinées aux entreprises étrangères et à leurs employés.
Le terminal VIP existant de l’aéroport offrirait un autre avantage, permettant aux investisseurs voyageant en jet privé d’atterrir près du complexe, de tenir des réunions et de repartir sans entrer officiellement dans le pays, selon MEE.
Certains investisseurs interrogés par le média ont néanmoins exprimé des réserves quant à une relocalisation en Turquie, citant les changements réglementaires fréquents, les préoccupations concernant l’état de droit et la complexité du système d’immigration du pays.
Les conditions économiques pourraient constituer un obstacle supplémentaire. Malgré le resserrement des politiques monétaires et budgétaires introduit depuis 2023, la Turquie continue de lutter contre une inflation élevée, qui devrait rester proche de 30 % à la fin de l’année.
Les responsables du projet affirment que la taille, l’emplacement, les partenariats internationaux et les services administratifs simplifiés de Terminal İstanbul pourraient néanmoins contribuer à faire d’Istanbul un centre technologique régional capable de concurrencer Dubaï et d’autres pôles mondiaux de start-ups.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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