La Turquie entend jouer un rôle dans le dispositif de sécurité post-FINUL au Liban, annonce Erdoğan
Les points importants
- Volonté d’Ankara : Le président Erdoğan annonce que la Turquie souhaite participer à toute initiative de sécurité dans le sud du Liban après le retrait de la FINUL, prévu pour fin 2026.
- Contexte régional : Cette proposition intervient alors que le Liban panse encore les plaies de la guerre avec Israël et du conflit avec le Hezbollah, sur fond de cessez-le-feu fragile.
- Visite historique : La visite du président Aoun à Ankara, la première d’un chef d’État libanais en 17 ans, marque un nouveau chapitre dans les relations bilatérales.
La Turquie souhaite prendre part aux efforts internationaux visant à maintenir la sécurité dans le sud du Liban après le retrait de la mission de maintien de la paix des Nations unies, a déclaré jeudi le président Recep Tayyip Erdoğan, selon l’agence de presse étatique Anadolu.
S’exprimant aux côtés du président libanais Joseph Aoun, après des entretiens à Ankara, M. Erdoğan a indiqué que la Turquie voulait être impliquée dans les initiatives qui seront mises en place après le retrait de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
« Après le retrait de la force internationale actuelle, nous, la Turquie, voulons prendre part à toutes les initiatives visant à soutenir la sécurité dans la région et à garantir la souveraineté du Liban », a déclaré M. Erdoğan.
Il a qualifié la fin du mandat de la FINUL de développement important et a assuré qu’Ankara continuerait à soutenir les Forces armées libanaises.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé le mandat de la FINUL pour une dernière fois en août 2025, fixant au 31 décembre 2026 la fin de ses opérations et prévoyant un retrait ordonné par la suite.
La mission, qui compte actuellement environ 7 500 casques bleus, a été créée en 1978 pour confirmer le retrait d’Israël du Liban et contribuer au rétablissement de la sécurité dans le sud. Son mandat a été élargi après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran.
Les Nations unies étudient actuellement différentes options pour soutenir la sécurité dans le sud du Liban après le départ de la FINUL, mais on ignore encore si une force de remplacement opérerait sous mandat onusien ou dans le cadre d’un dispositif international différent. La France et l’Italie font partie des pays qui ont exprimé leur intérêt pour une contribution.
La proposition d’Erdoğan intervient alors que le Liban peine à se relever de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah et à mettre en œuvre un fragile accord négocié par les États-Unis, liant un retrait israélien des zones occupées au désarmement du groupe militant.
Les combats ont débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes vers Israël à la suite d’attaques américano-israéliennes contre l’Iran. Israël a répondu par une campagne aérienne et une invasion terrestre du sud du Liban.
Plus de 4 000 personnes ont été tuées au Liban et environ 1,2 million ont été déplacées pendant le conflit, selon les chiffres libanais et ceux des Nations unies. Un cessez-le-feu annoncé en juin a largement stoppé les combats, bien que des frappes israéliennes et des différends sur la mise en œuvre de l’accord persistent.
M. Erdoğan a indiqué avoir discuté avec M. Aoun des développements régionaux à la lumière de ce qu’il a appelé l’occupation continue du sud du Liban par Israël.
La Turquie était prête à soutenir la reconstruction des zones endommagées par les attaques israéliennes et continuerait à fournir au Liban une aide humanitaire et technique, a-t-il ajouté.
« Le Liban est un pays frère qui a subi le plus grand préjudice en étant une arène de compétition et de conflit entre les puissances régionales pendant de nombreuses années », a déclaré M. Erdoğan, ajoutant qu’il serait l’un des principaux bénéficiaires d’une stabilité et d’une coopération accrues au Moyen-Orient.
Il a également appelé à un dialogue renforcé entre le Liban et la Syrie voisine, estimant que l’amélioration des relations profiterait aux deux pays et que la Turquie était prête à faciliter le processus.
M. Aoun a déclaré que le Liban œuvrait à garantir un retrait israélien complet, au retour des habitants déplacés chez eux, à la reconstruction des zones endommagées et au redressement de son économie.
Il a indiqué que le gouvernement cherchait à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire sous « une armée et une autorité uniques », une allusion apparente aux efforts visant à désarmer le Hezbollah et à placer toutes les armes sous le contrôle de l’État.
« Nous essayons d’y parvenir sans compromettre notre dignité nationale », a déclaré M. Aoun. « Nous ne permettrons à personne, qu’il s’agisse d’un frère, d’un ami ou de quiconque, d’interférer avec notre souveraineté. »
M. Aoun a remercié la Turquie pour son soutien à l’armée libanaise et sa contribution à la FINUL, qualifiant sa visite de début d’une nouvelle phase dans les relations bilatérales.
La visite du président libanais était la première au niveau de chef d’État depuis 17 ans.




