La Turquie bloque le compte X d’un journaliste de l’AFP couvrant le sud-est kurde
Les autorités turques ont bloqué l’accès en Turquie au compte X du correspondant de l’Agence France-Presse Mahmut Bozarslan, un journaliste basé dans le sud-est à majorité kurde, dans une nouvelle mesure suscitant des inquiétudes quant à la censure et à la liberté de la presse.
Le compte de Bozarslan, qui reporte depuis Diyarbakır, la plus grande ville du sud-est de la Turquie à majorité kurde, a été bloqué au motif de protéger la sécurité nationale et l’ordre public, selon EngelliWeb, une plateforme surveillant la censure en ligne en Turquie.
« Je n’ai aucune idée des raisons qui ont conduit à ce blocage », a déclaré Bozarslan.
Les récents reportages de Bozarslan incluaient la couverture des célébrations du Newroz le 21 mars, le festival annuel marquant le nouvel an kurde, qui revêt une signification politique pour les Kurdes de Turquie.
Reporters sans frontières (RSF) a condamné cette mesure et l’a qualifiée de censure.
Ce blocage intervient alors qu’Ankara mène depuis octobre 2024 des pourparlers visant à mettre fin à son long conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe militant interdit qui mène une insurrection contre l’État turc depuis plus de quatre décennies.
L’effort de paix a pris de l’ampleur en 2025 lorsque Abdullah Öcalan, le fondateur emprisonné du PKK, a appelé le groupe à se dissoudre et exhorté ses partisans à poursuivre la question kurde par la politique démocratique. Le conflit a fait plus de 50 000 morts depuis les années 1980.
La question kurde, un terme répandu dans le discours public turc, fait référence à la demande de droits égaux par la population kurde du pays et à sa lutte pour la reconnaissance.
Cette mesure fait également suite à des restrictions plus larges sur les réseaux sociaux en Turquie. En mars 2025, lors de manifestations déclenchées après l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, X a indiqué que les autorités turques avaient ordonné le blocage de plus de 700 comptes, y compris ceux de journalistes, politiciens et étudiants.
X avait critiqué ces ordonnances généralisées à l’époque mais s’y était conformé en restreignant l’accès aux comptes depuis la Turquie.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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