Çiğdem Mater « regarde dehors » depuis la prison : « Tuhaf, Saçma, Neyse…»
Les points importants
- Premier livre depuis la prison : Çiğdem Mater, détenue du procès Gezi, sort son premier ouvrage le 18 septembre, écrit depuis sa cellule.
- Un titre évocateur : « Tuhaf, Saçma, Neyse » (Bizarre, Absurde, Bon) résume son expérience carcérale, comme elle le confie dans l’annonce.
- Annonce militante : La nouvelle a été diffusée via le compte « Çiğdem Mater’e Özgürlük » (Liberté pour Çiğdem Mater) sur les réseaux sociaux.
La détenue du procès Gezi, Çiğdem Mater, publiera son premier livre, écrit depuis sa prison, le 18 septembre en librairie.
L’annonce a été faite via le compte « Çiğdem Mater’e Özgürlük » sur les réseaux sociaux, avec ces mots : « Un beau salut de l’intérieur vers l’extérieur. »
Le message précise que « Mater n’a pas pu serrer la main de ceux qui sont dehors ni faire entendre sa voix depuis 4 ans, 4 mois et 17 jours. »
« “Tuhaf, Saçma, Neyse… (Bizarre, Absurde, Bon…)” Trois mots qui résument mon aventure carcérale »
Dans l’annonce, Mater décrit son expérience : « “Bizarre, absurde et bon…” sont devenus les trois mots qui résument mon aventure carcérale. Mes beaux mots de cinq lettres se sont transformés en signes séparant les compartiments de mon esprit. Le compartiment contenant des “choses” comme le tribunal, le jugement, la justice, la prison était “bizarre” et “absurde” ; tout le reste était mon propre espace de liberté, où je dis “bon” à cette bizarrerie et à cette absurdité, où je respire, où je garde mon âme et mon esprit aussi clairs et vifs que possible. »

Le premier livre de Çiğdem Mater sera disponible en librairie à partir du 18 septembre.
Qui est Çiğdem Mater ?
Çiğdem Mater est une productrice de cinéma, journaliste et militante des droits humains turque renommée, notamment connue pour son engagement en faveur de la liberté d’expression et du dialogue culturel à travers le 7ᵉ art. Figure respectée de la scène culturelle indépendante en Turquie, elle a produit plusieurs documentaires et films primés à l’international, tout en travaillant comme correspondante pour divers médias étrangers.
Son parcours a pris un tournant judiciaire majeur lors du procès géopolitique lié aux manifestations du parc Gezi de 2013, à l’issue duquel elle a été condamnée en avril 2022 à 18 ans de prison pour « tentative de renversement du gouvernement », bien que le film documentaire sur les événements qu’elle projetait de réaliser n’ait jamais vu le jour. Son incarcération reste largement dénoncée par les organisations internationales des droits de l’homme et le monde du cinéma comme une atteinte symbole à la liberté de création et d’expression en Turquie.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




